“ Nous avons à témoigner de la joie de l’Évangile ”

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Homélie de Mgr Jean-Pierre Ricard, et Charte d'évangélisation prononcées lors du rassemblement diocésain "Tremplin pour la Mission", le lundi 9 juin 2014 à Gradignan. Emission radio RCF, photos, articles et reportages sur la journée.

Promulgation de la Charte d'évangélisaion par Mgr Ricard le 9 juin 2014 -

Rassemblement Diocésain "Tremplin pour la mission" le lundi 9 juin 2014 à Gradignan

Homélie de Mgr Ricard le 9 juin 2014 -

Rassemblement Diocésain "Tremplin pour la mission" le lundi 9 juin 2014 à Gradignan

 

Chers frères et sœurs dans le Christ,

Cet Évangile que nous venons d’entendre donne le sens profond de notre rassemblement et de notre célébration. Aujourd’hui, le Seigneur s’adresse à nous et nous dit : « Allez ! De toutes les nations faites des disciples…Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde ». Le Seigneur nous envoie en mission : « Allez », mais il nous en précise aussi la dynamique.

L’évangélisation n’est pas une campagne de marketing. Elle est service d’un Dieu qui est à l’œuvre

L’évangélisation n’est pas une campagne de marketing. Je n’ai rien contre le marketing. Certains de ses conseils peuvent d’ailleurs être très utiles pour une plus grande efficacité de notre action. Mais l’évangélisation est d’une autre nature : elle est écoute du Seigneur et service de son action aujourd’hui dans le monde : « Et moi, je suis avec vous tous les jours.». Ce n’est pas nous qui sommes seuls aux commandes, c’est l’Esprit du Seigneur. Nous n’en sommes que les serviteurs. Saint Paul le dira clairement aux chrétiens de Corinthe : « (Nous sommes) des serviteurs par qui vous avez été amenés à la foi…Moi, j’ai planté, Apollos a arrosé, mais c’est Dieu qui faisait croître. Ainsi celui qui plante n’est rien, celui qui arrose n’est rien : Dieu seul compte, lui qui fait croître » (1 Cor. 3, 5-7).

Oui, le Seigneur est à l’œuvre parmi nous. Votre présence au cœur de cette célébration, chers confirmands, en est aujourd’hui un signe manifeste. Chacun pourrait dire, ce soir, comme vous l’avez fait dans les lettres que vous m’avez adressées, comment le Seigneur est venu à sa rencontre, a touché son cœur, lui a donné envie de se remettre en route, d’approfondir sa foi et de la rayonner. Il a creusé en vous le désir de prendre votre place dans l’Église comme un membre vivant du Corps du Christ. L’Église est devenue pour vous, non pas cette « maison de location », dont parlait récemment le pape François, une maison que l’on ne fréquente que de temps en temps, mais véritablement votre maison, la maison de votre vie avec le Seigneur. Ce soir, vous nous rappelez que dans ce grand champ de la mission, Dieu est à l’œuvre, qu’il nous a souvent précédés et qu’il nous attend. Le Seigneur nous redit aujourd’hui ce qu’il disait à Saint Paul en lui désignant Corinthe, cette grande ville à évangéliser : « Sois sans crainte, continue de parler, ne te tais pas…car, j’ai à moi un peuple nombreux dans cette ville » (Ac. 18, 9-10). Se remettre devant cette action du Seigneur nous invite à la confiance et à l’action de grâce.

L'évangélisation, c'est accueillir mais aussi aller à la rencontre et "rendre compte de l'espérance qui est en nous" (1 Pi 3,15)

Mais si le Seigneur est à l’œuvre, il a besoin de nous pour que nous servions son action, que nous révélions sa présence. C’est pour cela que dans l’événement de Pentecôte, en envoyant l’Esprit Saint, le Christ ressuscité se donne un corps par lequel il se rend présent, et ce corps, c’est son Église, cette Église dont nous sommes les membres. En effet, cette bonne nouvelle du salut, il faut l’annoncer. Et nous avons entendu l’appel de Paul : «  Quiconque invoquera le nom du Seigneur sera sauvé. Or, comment l’invoquer, si l’on n’a pas mis sa foi en lui ? Comment mettre sa foi en lui, si on ne l’a pas entendu ? Comment entendre si personne ne proclame ? Comment proclamer sans être envoyé ? » (Rm. 10, 13-15). C’est pour cela que le Seigneur nous envoie.

Vous-mêmes, chers confirmands, vous dites l’importance d’avoir rencontré sur votre route un croyant, un chrétien, une chrétienne, qui vous a donné le goût de suivre le Christ et son Évangile. Cela a pu être votre mari, votre femme, un de vos enfants, un ami, une amie, un camarade de travail, un paroissien, un prêtre…Aujourd’hui, c’est toute notre Église qui est invitée à devenir missionnaire. La dynamique de l’évangélisation n’est pas matière à option. C’est tout baptisé qui est appelé à devenir témoin du Christ. Jésus n’avait-il pas dit à ses disciples : « Vous allez recevoir une puissance, celle du Saint Esprit qui viendra sur vous ; vous serez alors mes témoins » (Ac. 1, 8) ? Cet appel à l’évangélisation pousse notre Église à entrer plus résolument encore dans une véritable attitude d’accueil et d’écoute, mais aussi de rencontre avec tous ceux et celles qui ne fréquentent pas, ou ne fréquentent plus, nos assemblées et nos groupements.

Bien sûr, le témoignage de notre vie reste fondamental. Mais les temps que nous vivons demandent un témoignage plus explicite : rendre compte de l’amour de Dieu pour tout homme et de l’invitation qu’il adresse à chacun en Jésus Christ. Nous avons à témoigner de la joie de l’Évangile, non pas de cette joie un peu surfaite d’exaltés qui restent souvent très égocentrés, mais de la joie sereine et profonde de ceux qui ont trouvé une source d’eau vive, apprécient de s’y désaltérer et sont heureux de la partager.

L’évangélisation demande conversion, courage et imagination apostolique

Soyons clair ! Cette évangélisation demande conversion, courage et imagination apostolique pour tracer de nouveaux chemins à l’Évangile. On comprend que le prophète Jonas renâcle devant l’invitation du Seigneur à aller à Ninive. Il n’en a pas envie. Il ne souhaite pas partager avec d’autres la bénédiction de Dieu. Il veut rester bien au chaud, dans son univers familier au sein de son peuple. Le Seigneur va le pousser à partir et à être au service de son amour pour tous : « Et moi, comment n’aurais-je pas pitié de Ninive, la grande ville, où sans compter une foule d’animaux, il y a plus de vingt mille êtres humains qui ne distinguent pas encore leur droite de leur gauche ? » (Jonas 3, 11). Le pape François demande à toutes nos communautés de « sortir » et d’aller à la rencontre des hommes et des femmes de notre temps. Ne restons pas entre nous, dans nos réseaux, dans nos habitudes, dans le seul souci de nous organiser ou de programmer nos activités. Certes, portons le souci de la communauté rassemblée mais élargissons nos horizons. D’autres nous attendent. Ne croyons pas que l’évangélisation soit une déperdition d’énergie. Au contraire, elle en sera un puissant tremplin. Car, sur cette route de la mission, vous rencontrerez le Ressuscité et il embrasera vos cœurs de la joie et du feu de son Esprit.

Avec Marie

Lors de la Pentecôte, la Vierge Marie était présente avec les apôtres. Elle les accompagnait dans la prière. Aujourd’hui, comme une mère elle veille sur nous. Confions-nous à elle. Le Christ nous dit : « Allez ». La Vierge Marie nous dit : « Faites tout ce qu’il vous dira » (Jn 2, 5). Qu’elle nous aide à répondre dans la joie à l’appel de son Fils. Amen.

† Jean-Pierre cardinal Ricard

Archevêque de Bordeaux, Évêque de Bazas

 

Réécouter l'émission RCF difusée en direct le 9/04/2014

 

Articles et reportages sur la journée du 9 juin 2014 à Moulérens:

http://pentecote2014.fr/tremplin-pour-la-mission/de-nouvelles-manieres-d2019evangeliser-soufflent-sur-bordeaux

 

Article de Nicolas César paru dans "La Croix"

http://www.la-croix.com/Religion/Actualite/De-nouvelles-manieres-d-evangeliser-soufflent-sur-Bordeaux-2014-06-10-1162379

 

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