Notre Père : "Ne nous laisse pas entrer en tentation"

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Le 3 décembre prochain, premier dimanche de l’Avent, les évêques de France ont décidé d’introduire dans la liturgie la nouvelle traduction du «Notre Père». Jean-Marie Despeyroux, responsable diocésain de la pastorale liturgique et sacramentelle, présente les tenants et aboutissants de ce changement.Pourquoi une nouvelle traduction du Notre Père était-elle nécessaire en français et comment a-t-elle été élaborée ? Pourquoi une nouvelle traduction du Notre Père était-elle nécessaire en français et comment a-t-elle été élaborée ? Pourquoi une nouvelle traduction du Notre Père était-elle nécessaire en français et comment a-t-elle été élaborée ?

Pourquoi une nouvelle traduction du Notre Père était nécessaire en français et comment a-t-elle été élaborée ?

La nouvelle traduction ne porte que sur une seule demande du Notre Père, celle qui, en latin, se formule ainsi : « et ne nos inducas in tentationem. »

Pour comprendre ce qui est en jeu, il faut faire un peu d’histoire. Jusqu’en 1966, nous disions : « et ne nous laissez pas succomber à la tentation » ;  après le Concile Vatican II, un travail œcuménique a été fait sur le Notre Père, nous sommes alors passés du vouvoiement au tutoiement, et cette demande est devenue, en 1966, « et ne nous soumets pas à la tentation ».

En 2013, nous avons reçu le nouveau lectionnaire, avec la traduction liturgique de la Bible. Nous y trouvons le « Notre Père » dans Luc 11,4 et Matthieu 6,13 avec la formule : « et ne nous laisse pas entrer en tentation. »L’étape suivante consistait donc à mettre le texte de la prière qui est dite par l’Assemblée à la messe en conformité avec le texte biblique.

ans attendre la traduction complète du Missel romain (prévue pour 2019), les évêques ont décidé d’introduire la nouvelle traduction du Notre Père, le 3 décembre prochain, premier dimanche de l’Avent et début de la nouvelle année liturgique.

De son côté, l’Église protestante unie de France a validé ce changement lors de son synode national du printemps 2016. Nous pourrons continuer à dire ensemble la prière des baptisés sans hésitation.

En quoi cette nouvelle formulation exprime-t-elle différemment notre rapport au Père ?

Les évêques belges francophones ont fait une déclaration qui résume bien le malaise que certains pouvaient ressentir : « La formule en usage depuis 1966, “ ne nous soumets pas à la tentation ”, [...] pouvait donner à penser que Dieu pourrait nous éprouver en nous sollicitant au mal. » Cette idée va bien sûr à l’encontre du sens de la foi. Dans les Actes des apôtres, il est dit clairement que Dieu « ne tente personne » (Jc 1, 13).

Jésus connaissait certainement cette très ancienne prière juive, qui nous aide à mieux comprendre cette demande :

Ne conduis pas mon pied

dans la puissance du péché

et ne m’emmène pas

dans la puissance de la faute,

ni dans la puissance de la tentation,

ni dans l’impuissance de l’infamie.

Au final, ces traductions successives nous invitent à mieux connaître notre Père, à approfondir notre rapport à Lui.

Quels sont les conseils pour aider les paroisses et communautés à adopter cette nouvelle traduction dans la liturgie ?

Tout d’abord, il ne faut pas attendre le 3 décembre pour l’introduire dans les assemblées dominicales et autres célébrations liturgiques ; nous conseillons de la présenter peu à peu au cours des derniers dimanches du temps ordinaire.

Ensuite, il faut saisir l’occasion pour redécouvrir le Notre Père, dans la catéchèse, dans l’homélie... ; inviter à prier le Notre Père d’une manière renouvelée. À cet égard, les prêtres et les diacres pourront nous faire profiter, par exemple, du commentaire que Saint Augustin fait du Notre Père dans la lettre qu’il écrit à Proba.

Enfin, le service de pastorale liturgique et sacramentelle va réaliser un signet, avec le texte du Notre Père, qui sera disponible dès la prochaine assemblée synodale, le 18 novembre 2017 et est là pour accompagner les paroisses et communautés qui le souhaiteraient.

Voici le nouveau texte du Notre Père:

Notre Père qui es aux cieux

que ton nom soit sanctifié,

que ton règne vienne,

que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.

Donne-nous aujourd'hui notre pain de ce jour.

Pardonne-nous nos offenses,

comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés.

Et ne nous laisse pas entrer en tentation,

mais délivre-nous du mal :

car c'est à toi qu'appartiennent

le règne, la puissance et la gloire

pour les siècles des siècles.  Amen !

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